Confignon, une histoire entre terres, pouvoirs et autonomie
Des traces anciennes d’occupation
La région de Confignon était vraisemblablement habitée avant l'ère chrétienne. Cependant, fort peu de vestiges en témoignent : une hache de pierre mise à jour à Chèvres, une défense de mammouth au Moulin des Evaux, des sépultures et poteries diverses (datées de la fin du 3e siècle) et les vestiges d'une villa romaine à l'intersection des chemins de Narly et de Sur-le-Beau à …. Confinius !
Des seigneurs de Confignon à la Maison de Savoie
Il n'existe que peu d'informations sur le Moyen-Age avant le 12e siècle. C'est à cette période que l'on trouve des traces et documents concernant les seigneurs de Confignon (1188 pour Amédée). Cette famille se passe titres et privilèges de père en fils jusqu'à Bernarde de Confignon qui épouse Charles de Menthon en 1547.
Leur fils Jacques, Seigneur de Confignon, devient baron en 1598, dédommagement accordé par le Duc de Savoie à la suite de la destruction du château par les "Bernois". La succession est assurée par A. Maillard de Tournon puis par J. de Morand dont la famille a conservé jusqu'au 20ème siècle le titre de Baron de Confignon.
Un village au cœur des rapports de pouvoir régionaux
Le village se situe à la fois dans le diocèse de Genève, qui s'étend du Dauphiné au Léman, et dans le Comté de Genevois, dont l'étendue va de l'Isère à l'Aar, au temps de sa splendeur. Le Comte est donc suzerain des Seigneurs de Confignon, dont plusieurs sont également vidomnes des évêques dans l'exercice d'une juridiction civile.
Le Comté de Genevois est vendu par le dernier légataire à Amédée VIII de Savoie en 1401. Confignon passe donc sous sa juridiction qui durera jusqu'en 1792, année de l'annexion française.
Réforme, conflits et Escalade!
Genève a conservé une relative autonomie et Charles II de Savoie tente plusieurs fois de la conquérir au 16e siècle, ceci d'autant plus que les Genevois, sous l'impulsion de Jean Calvin, ont adopté la Réforme tandis que la Savoie reste fidèle à la foi catholique.
En 1536, Genève se trouve bloquée par ses ennemis. L’armée bernoise, venue en renfort, envahit alors la région. Les Bernois font quelques conquêtes et repartent avec un riche butin.
La paix ne s'établit pas durablement. On note de nombreux conflits … et le retour des Bernois! En fin de siècle, ceux-ci détruisent, entre autres, le château de Confignon tandis qu'en 1602 le Duc de Savoie lance un dernier assaut contre Genève. C'est sa dernière et vaine Escalade!
De la Révolution française à l’entrée dans la Suisse
Près de deux siècles de tensions, alternées de périodes de répit, suivent jusqu’à la Révolution française, qui bouleverse à nouveau la région en 1792. Elle a notamment pour effet d'instaurer la commune d'Onex-Bernex-Confignon, rattachée au district de Carouge, dans le département du Mont-Blanc.
Cependant, le règne de Napoléon est chancelant et les troupes autrichiennes envahissent Genève et bivouaquent même à Confignon, à Sur-Beauvent. C'est la chute de l'Empire. L'Europe est épuisée, et les Confignonnais aussi ! Cette communauté de petits paysans et artisans a été contrainte de puiser dans ses maigres ressources pour satisfaire les exigences des envahisseurs successifs.
À la suite du traité de Turin de 1816, Genève et les Communes réunies, dont Confignon, deviennent territoire suisse.
Confignon devient une commune autonome
Diverses péripéties de nature politico-économiques amènent Onex, Bernex et Confignon à revendiquer chacune leur autonomie, ce qui est chose faite par arrêté du Grand-Conseil en 1850 et 1851.
Au début du 20e siècle, Confignon compte 400 habitantes et habitants, le double en 1960 et huit fois plus en 2001.
[...] maires ont présidé aux destinées de la Commune depuis 1851.
Confignon a également abrité des personnages célèbres dont Jean-Jacques Rousseau et le peintre Liotard.